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EXTRAIT DU
MANIFESTE




LA VERSION INTEGRALE DU MANIFESTE EST DISPONIBLE
EN LIBRAIRIE AUX EDITIONS FLORENT MASSOT
UNE REVOLTE, PAS UNE REVOLUTION
Patrick Sébastien

Il ne suffit pas de vivre,
encore faut-il exister…


INTRODUCTION

Alors, on fait quoi ?
On continue à se contenter du moins grave, du
moins pire ? On continue d’accepter sans broncher
d’être floués, manipulés, niés ? On se barricade
un peu plus dans nos niches ? On persiste et
on se signe ? Dieu reconnaîtra les chiens ! On
continue à donner la papatte ? Couché ! Assis ! Au
pied ! Va chercher !
La SPH n’existe pas. C’est aux humains de se
protéger eux-mêmes.
Alors, on fait quoi ?
Ce manifeste a été écrit après mûre réflexion
mais aussi avec la motivation de l’instant. Ainsi,
y trouverez-vous sans doute des excès ou des
oublis que le temps me dictera d’atténuer ou de
combler. Je ne vous demande pas d’adhérer à
tous mes propos ni de suivre mes désirs au mot
près. Vous imposer d’approuver ce texte à la lettre
serait une requête intégriste. Ce n’est absolument
pas mon but. Mais si votre conviction est
que l’être humain est une priorité absolue, et
qu’il doit être remis au centre de toutes les décisions
politiques, vous trouverez dans ces lignes
un écho à votre espérance.
Je ne suis ni un économiste ni un philosophe. Je
suis seulement un citoyen médiatique convaincu
de l’urgence à tenter de bousculer l’ordre des
choses. Ce constat paraîtra certainement simpliste
aux professionnels de la politique et aux analystes
bien plus rompus que moi à l’observation
des composantes de la société française. Mon
propos est étayé moins de connaissances spécifiques
que de ce que nous appelons communément
« le bon sens ». Il ne faut le prendre que pour ce
qu’il est : une approche globale, l’expression d’une
conviction humaniste sans faille, et des propositions
qui avec le temps, et l’application effective
du projet que je veux initier, se multiplieront et se
préciseront.
Pour entrer sans attendre dans le vif du sujet,
il me paraît urgent d’enclencher dans notre pays
un processus de réveil. C’est le point de départ
de la révolte que je prône. La révolution se nourrit
toujours de violence, voire d’ultraviolence.
L’humaniste que je suis exclut ce recours. La révolution
est souvent un mal pour un bien. La révolte,
telle que je la conçois, est toujours un bien
pour un bien. L’histoire a prouvé, hélas, que dans
la majorité des révolutions, les insoumis, une fois
le combat gagné, devenaient les répliques (parfois
bien plus écrasantes) des tyrans qu’ils
avaient destitués.
La révolte est pour moi le sursaut, le réveil indispensable
dans une situation d’exaspération. Et
elle ne peut en aucun cas engendrer de nouveaux
oppresseurs puisque son but n’est pas de confisquer
le pouvoir, mais d’influer sur lui pour lui imposer
de veiller en priorité à la considération et à
la dignité de chaque être qu’il gouverne. Cette
révolte est justement le dernier garde-fou avant
l’explosion totale et son cortège de faits de guerre.
Nous n’en sommes pas encore là, mais bien
plus proches qu’on ne pourrait le croire. La France,
pays des droits de l’homme, devient peu à
peu le pays des travers de l’homme. Une révolution
renverserait l’ordre établi. Une révolte ne
tend qu’à le bousculer. C’est pourquoi j’ai décidé
de créer un des instruments de cette révolte :
le D.A.R.D.
Cet acronyme signifie :
Droit Au Respect et à la Dignité.

C’est aussi un clin d’oeil à celui qui m’a
enseigné la tolérance et l’altruisme, l’écrivain
Frédéric Dard.
C’est enfin, par son allusion à ce qui sera son symbole de reconnaissance :
la guêpe,la capacité, comme cet insecte social, à utiliser
au mieux notre intelligence collective.
Vous trouverez plus loin dans ce manifeste les détails
statutaires et les modalités d’adhésion à ce rassemblement.
Mais dès lors, pour bien saisir le
sens des propos que je vais exprimer tout au
long de cet ouvrage, voici l’appel que je lance à
tous ceux qui, une fois convaincus, souhaiteront
se joindre à ce combat :

LE DA.R.D. EST UN RASSEMBLEMENT CITOYEN
ET HUMANISTE

D’où que vous soyez, qui que vous soyez, au-delà
de vos différences sociales, ethniques, politiques,
religieuses ou philosophiques, le D.A.R.D. propose
de vous fédérer autour d’une idéologie qui place
l’être humain comme priorité absolue de notre société.
J’ai décidé d’être le fondateur de
ce mouvement pour tenter d’initier une révolte, pas
une révolution.
Le cynisme, la corruption, la manipulation, le vol
des libertés, les abus de pouvoir, le mépris, la suffisance,
l’indifférence nous plongent chaque jour
dans un peu plus de désespoir. Ceux qui sont censés
gérer notre société usent de la peur et de la
résignation comme armes anesthésiantes. C’est
une guerre sournoise menée par une caste dominante
qui asservit par l’endormissement.
Le D.A.R.D. est une entreprise de réveil. Il ne
s’agit pas de détruire l’ordre établi, mais de rendre
à chacun la considération qu’il mérite. La société
idéale n’existe pas. Mais nous devons nous battre
chaque jour pour que le pouvoir de l’amour soit
plus fort que l’amour du pouvoir. Il est urgent de
remplacer le désespoir et la peur par l’espoir et la confiance.
La force du nombre est notre seule chance.
C’est pourquoi je vous propose de nous réunir en
dehors des partis traditionnels dans un élan structuré,
idéaliste, non violent et volontariste. Ce
nombre nous permettra, d’abord, d’user à tout
moment d’une arme absolue : le boycott.
Ensuite, le moment venu, si ce rassemblement
a le poids nécessaire, nous pourrons imposer à
ceux qui ont choisi de nous gouverner des décisions
incontournables, sur la base de propositions
que nous leur ferons, en échange de nos
bulletins de vote. Ces bulletins sont, en démocratie,
la seule arme que nous possédons tous, sans
distinction sociale. Il faudra la négocier au « plus
offrant », quelle que soit sa couleur politique.
Des mesures d’urgence pour le respect et la dignité
de chacun en contrepartie de nos suffrages:
 ce sera notre « échange civique ».
Mais la pierre angulaire de notre mouvement
est d’abord de nous améliorer nous-mêmes.
L’adhésion de chacun au D.A.R.D. passe par un
engagement sur l’honneur, à agir sous toutes ses
formes dans le sens de la considération de chaque
« autre », quelle que soit sa différence. Nous
ne pouvons pas attendre de ceux qui nous gouvernent
les solutions à nos propres carences. Notre
solidarité, notre dévouement, notre altruisme
sont bien trop insuffisants. Nous progresserons
ensemble.
LE D.A.R.D. N’EST PAS UN PARTI POLITIQUE
Il n’a aucune ambition électoraliste. Nul, pas
même son fondateur, n’est autorisé à briguer une
responsabilité, dans quelque structure d’élus que
ce soit, au nom du D.A.R.D. Nous sommes un
rassemblement de conscience et de pression, pas
de décision. Nous ne voulons pas le pouvoir.
Nous le laissons à ceux qui ont choisi d’en faire
leur métier. Mais nous serons là pour leur rappeler
leur devoir premier : gouverner par le peuple
et pour le peuple.
Le combat que nous mènerons n’est pas une
lutte de classe. C’est une bagarre de rue avec la
générosité et la compassion comme armes de
poing. Il est urgent de s’engager dans cette lutte
pacificatrice, sous peine que le pourrissement
des valeurs essentielles à une société plus juste
ne fasse, à plus ou moins long terme, le lit de
l’ultraviolence.

La mission du D.A.R.D. est avant tout de rendre
aux trois mots qui représentent notre république
(Liberté, Égalité, Fraternité) la valeur réelle
de leur signification. Davantage de fraternité, ce
sera notre comportement altruiste. Davantage
d’égalité, ce seront les propositions de lois nouvelles
que nous imposerons dans le cadre de notre
échange civique. Quant à la liberté, dans le
même cadre, les suggestions d’abroger ou
d’amender d’anciennes lois établies pourront
peut-être nous aider à desserrer l’étau d’un État
omniprésent qui nous contraint en tout.
Nous devons nous faire entendre dès maintenant
parce que chacun de nos silences est coupable.
La tâche s’annonce longue, semée
d’embûches, et apparemment irréalisable. Les
résignés de tous bords nous asséneront leurs
certitudes d’un monde où le pire est invincible.
Mais rien ni personne ne devra nous décourager,
parce que le paradoxe qui suit est pour moi celui
qui convient le mieux à la situation.
Aujourd’hui seule l’utopie est raisonnable !
Cet appel n’a rien de solennel, ni de mégalomane.
Je ne prétends être ni un apôtre ni un
sauveur providentiel. Je suis juste un artiste populaire
qu’une foule de gens (et même dans mon
entourage le plus proche) essaie de dissuader de
se lancer dans une telle aventure. Chaque jour,
on m’abreuve, au mieux de mises en garde, au
pire de railleries désobligeantes. Le « tu te
prends pour qui ? » est la tentative de découragement
la plus fréquente.
Il est vrai que je n’ai pas plus de légitimité ni
de compétences qu’un autre, mais ma volonté
est inébranlable. Et je ne me prends que pour ce
que je suis : un citoyen responsable qui, grâce à
son statut médiatique, a la chance d’avoir une
tribune, et qui a l’intention de l’utiliser sans réserve
pour parler au nom de ceux qui n’en ont pas.
Il est évident qu’on ne manquera pas de dénigrer
le bien-fondé de mon combat altruiste au
seul fait de mon appartenance à un milieu social
où l’existence est plutôt confortable et aisée. Je
ne peux objecter à cela que l’évidence : oui, je
m’estime privilégié et mes fins de mois ne sont
pas difficiles. Oui, même si je la croise souvent,
je ne suis pas en contact permanent avec la précarité
que je dénonce.
Mais je fais vivre beaucoup de gens, et même
si je ne souhaite pas les étaler par décence, mes
générosités sont réelles et fréquentes. De plus,
ce que j’ai acquis ne l’a jamais été au détriment
de quelque dignité humaine que ce soit. C’est
mon travail et lui seul qui m’a permis de m’offrir
ces avantages.
Mon propos ne sera d’ailleurs jamais de fustiger
la réussite et le profit que l’on peut en tirer.
Le mérite doit être récompensé à sa juste valeur.
Ce ne sont que l’égoïsme aveugle, les bénéfices
sans foi ni loi, le mépris de ceux qu’on exploite
que je compte dénoncer ici. Ces travers n’ont
jamais été les miens. Et mon cadre de vie ne
peut en aucun cas enlever quoi que ce soit à mes
indignations, et à ma volonté de me battre pour
les moins chanceux. Au contraire, dans ma situation,
c’est l’indifférence et l’inaction qui seraient
coupables.
Ce sont la résignation des êtres en souffrance
que j’ai croisés, et le désarroi que j’ai lu dans
leurs yeux, qui ont dicté ma décision de
m’investir dans ce combat pour un sursaut citoyen.
La conscience que mon pays est en train
de glisser vers l’irréversible, et qu’il serait irresponsable
et surtout particulièrement lâche de léguer
ça à mes enfants, m’a inspiré le reste.
Je ne souhaite être que le déclencheur,
celui qui allume la mèche.
 La suite vous appartiendra. Mais si mon
action peut aider, au minimum, à une prise de
conscience de quelques-uns, j’en serai satisfait.
Nous sommes cernés de murs. L’intolérance, la
cupidité, l’exploitation, nous bouchent chaque
jour un peu plus la vue. On m’a dit qu’il était
vain, ridicule et stupide de vouloir s’attaquer à
une telle forteresse. Mon engagement apparaît
microscopique au regard de l’immensité de la tâche,
mais j’ai l’intime conviction qu’il faut tenter
quelque chose. Et qu’il faut le tenter maintenant.
Je suis certain, comme le dit le proverbe : « Ne
pas essayer n’est se tromper qu’une seule fois. »
L’écho fait à ce document ne sera peut-être qu’infime.
Qu’importe, ce sera déjà ça !
Mais j’ai la prétention d’y croire, et l’humilité de
connaître exactement ce qu’il représente : même
pas un pavé dans la mare.
Juste un caillou.
Est-ce suffisant pour convaincre la majorité
d’entre vous de bousculer l’ordre établi ?

Sait-on jamais ?
Et si ce petit bruit de surface était le signal de
départ du grand nettoyage, pour tenter de débarrasser
le fond de notre pays de la vase qui le pollue ?
COMMENT ?

AVERTISSEMENT
Le « comment » que je vais aborder est plus
une indication de fonctionnement du D.A.R.D.
qu’un apport de solutions concrètes. Certaines
sont effleurées. Bien entendu, j’ai des certitudes
établies, des propositions réelles dont j’ai déjà exprimé
la teneur dans les chapitres précédents.
Mais, comme l’objet du rassemblement (je m’en
expliquerai plus loin) est de faire remonter en priorité
vos propositions, je ne détaillerai pas les
miennes. Ce n’est justement
qu’augmentées des vôtres que nous pourrons les
rendre précises et effectives.
Le pouvoir, c’est vous, ai-je souligné en introduction.
Ce manifeste est une amorce. Les mesures
réelles de changement, dans la ligne du
respect de chacun, ne peuvent être inspirées
que de vous, de votre vécu, votre quotidien, vos
frustrations et vos espérances. Elle est là surtout
l’originalité de ce concept « politique » : ne
plus accepter qu’on décide à votre place. Elle est
là la nouveauté : il n’y a que vous qui serez à
même d’édicter les lois qui vous régiront. Je
vous expliquerai justement « comment » dans les
chapitres suivants.

Ce sont les convictions que je tente ici de vous
faire partager, ajoutées à vos idées qui, réunies,
pourront avoir enfin le pouvoir de bousculer
l’ordre des choses.

COMMENT VA FONCTIONNER LE D.A.R.D. ?
Le D.A.R.D., tel que je l’ai conçu, est un rassemblement.
Pour des raisons essentiellement juridiques,
il existe sous forme d’association, loi
1901, à but non lucratif. J’en suis le fondateur et
à ce titre, je suis responsable de son éthique, et je
suis statutairement seul habilité à le dissoudre, si
des événements ou la conduite de ses membres
l’entraînaient à s’éloigner radicalement de sa mission
première : défendre le droit au respect et à la
dignité de chacun.
Aucun de ses membres, ni même son fondateur,
n’est autorisé à se présenter à un scrutin électoral
devant le peuple.
Le D.A.R.D. possède un siège à Paris dont la
Boîte Postale est BP 30052, 75362 Paris cedex

Il possède également un site Internet (www.ledard.
com) dont je détaillerai l’utilité essentielle
plus loin.

* le site est désormais fermé *

J’assurerai sur mes fonds propres le financement
de départ du fonctionnement de
l’organisation pratique : locaux, matériel, création
et entretien du site. Le D.A.R.D. n’étant pas un
parti politique, son financement gardera toujours
des proportions très raisonnables. Pas de campagne
électorale, pas de congrès pour une exposition
de façade, pas de campagne de communication,
rien de ce qui impose un besoin permanent
et parfois injustifié (voire détourné) de soutien
financier, comme cela se rencontre fréquemment
en politique.
Les quelques personnes chargées de collecter
les adhésions, d’entretenir le site, de synthétiser
les propositions émises par les membres seront
soit des bénévoles, soit des salariés. S’il advenait
que le mouvement prenne une ampleur inattendue,
la multiplication du nombre de ces salariés
ou des opérations exceptionnelles nécessiteront
peut-être une mise de fonds plus conséquente.
Dans ce cas, nous irions chercher en priorité ce
financement à l’intérieur du D.A.R.D. À l’image de
la société telle que je la rêve, je demanderai aux
plus aisés de nos membres une contribution généreuse.
Celle-ci ne sera en aucun cas obligatoire.
Je la laisserai à l’estimation de chacun. Jamais
il ne pourra être fait appel à une générosité de
l’ensemble des membres. Ce qui signifie évidemment
qu’aucune cotisation n’est, ni ne sera exigée
pour adhérer au D.A.R.D.
Aucun appel aux dons ne pourra être effectué
au nom du D.A.R.D., sans l’autorisation écrite de
son fondateur. Il en va de même pour toute forme
de commerce (vente de produits de
consommation, tee-shirts, gadgets, brochures,
écrits, CD, DVD, représentation du sigle, etc.).
Cela pour nous protéger de tout abus mercantile.
Tout manquement à cette règle statutaire sera
susceptible d’entraîner des poursuites judiciaires.
Si des membres du D.A.R.D. souhaitaient organiser
des rencontres, réunions, repas, ce serait
uniquement à leur charge, par un financement
collectif à égale participation de chacun.
Toutes ces obligations sont des précautions. Elles
ne sont établies que pour nous protéger des
dérives qui trop souvent détournent la mission
première des associations. Le D.A.R.D. est avant
tout un rassemblement de conscience et de comportement.
Ces attitudes ne justifient aucun investissement
particulier. Nous ne finançons pas,
nous ne construisons pas, nous ne sommes pas
non plus une association caritative. Donc, nous
n’avons aucune raison de posséder une trésorerie
conséquente. Quant à nos frais de fonctionnement,
le moindre abus serait un contresens, au vu
de ce que nous souhaitons de l’État sur la diminution
des siens. Pour que chacun soit témoin de cet
engagement de bonne foi, les comptes détaillés
de l’association seront publics et, à tout moment,
pourront être consultés.
Il n’y a pas de carte de membre. A partir du
moment où l’adhésion est effective (je reviendrai
sur les modalités dans quelques lignes), chaque
membre l’est de fait, sans titre officiel à arborer.
Un « engagement sur l’honneur » constitue la
seule démarche à effectuer pour être membre du
D.A.R.D. Il pourra être rédigé sur papier libre et
envoyé au siège. Pour éviter l’encombrement d’un
dépouillement compliqué, il est préférable
d’adhérer par l’intermédiaire du site.
Voici sa formulation :
« En toute connaissance des fondements et des
objectifs de sa mission, j’ai choisi d’être membre
du D.A.R.D. Pour entériner mon adhésion, je
m’engage sur l’honneur à m’efforcer de défendre
au quotidien le droit au respect et à la dignité. Cet
engagement n’oblige que ma conscience. »

C’est aussi simple que ça !
Il est souhaitable, comme je l’ai précisé plus
haut, pour des raisons pratiques, d’adhérer par
l’intermédiaire du site. Votre inscription vous sera
confirmée par e-mail. Pour ceux qui ne possèdent
pas Internet ou ne le maîtrisent pas suffisamment,
je leur conseille de s’adresser à des proches familiarisés
à cette technique moderne. Si cependant,
le courrier traditionnel était pour eux le seul
moyen d’adhérer, il serait préférable, toujours
pour les mêmes raisons de facilité de dépouillement,
de grouper plusieurs adhésions dans un
même envoi en joignant des enveloppes timbrées
pour la confirmation de l’inscription.
Le D.A.R.D. étant un rassemblement totalement
transparent, nous vous laissons le choix de décider
si vous souhaitez ou non que votre appartenance
soit rendue publique (voir processus à la
fin de ce document). Dans le cas où vous accepteriez,
votre nom sera listé et classé par ville sur
le site Internet. Dans le cas contraire, votre anonymat
sera garanti. Le but de cette option est
que chacun sache qu’il peut à tout moment entrer
en contact avec un inconnu partageant la
même conviction que lui. J’encourage ce lien public,
parce que nous n’avons rien à cacher. Au
contraire, ce réseau de conscience commune ainsi
exposé vous permettra de vous rencontrer pour
vous connaître mieux en pleine lumière.
Comme le respect et la dignité que nous prétendons
défendre sont accolés à la notion
d’humain, il vous est fortement recommandé
d’échanger vos convictions et vos idées autrement
que devant un clavier. Cela aura aussi
l’avantage de faire se croiser « en vrai » des milieux
sociaux et des sensibilités totalement éloignés.
C’est l’illustration parfaite du fondement de
notre rassemblement : l’autre, c’est moi.
En résumé, dès votre « engagement sur
l’honneur » déclaré, vous serez membre du
D.A.R.D. La publication de votre nom et la rencontre
des autres membres est facultative. Vous
ne serez obligés à aucune action concrète. Seule
votre conscience peut vous dicter les attitudes à
adopter. Cette liberté totale concerne aussi le
mode de pression politique que j’aborderai plus
loin. Encore une fois, vous n’êtes tenus à aucune
obéissance particulière. Je ne suis pas le maître de
ce rassemblement, je n’en suis que l’initiateur. Les
seuls devoirs que vous avez sont envers vousmêmes.
Certains m’ont déjà demandé si les membres du
D.A.R.D. auraient des signes de reconnaissance
particuliers. Oui, si vous le souhaitez, mais comme
précédemment, ils ne seront en aucun cas imposés,
mais laissés à votre bon vouloir. La guêpe est
notre logo et ses couleurs sont le jaune et le noir.
S’il vous plaît d’arborer ces emblèmes, ce sera votre
choix. Mais, comme je l’ai précisé plus haut, en
aucun cas il ne pourra être fait commerce de ces
signes de reconnaissance sans l’autorisation écrite
du fondateur, sous peine de poursuites.
Notre devise est « Efforçons-nous ». Libre à
vous de l’inscrire sur les supports que vous désirerez.
Il y a également un geste (le poing fermé sur
le coeur) que j’ai choisi pour nous identifier. Tout
aussi libre à vous de le faire ou non. Je veux préciser
que ces petits détails de reconnaissance mutuelle
ne sont surtout pas essentiels. L’important
est notre comportement quotidien, sur lequel je
reviendrai en détail dans le chapitre suivant. Mais
avant, je veux exposer l’autre partie du fonctionnement
du D.A.R.D. : la pression.
En premier lieu, comme je l’ai écrit dans l’appel
d’introduction, le boycott est une arme absolue.
Nous sommes dans une société de consommation
où, si nous le décidons, la rentabilité commerciale
(donc, par effet boomerang, sa paralysie) peut de142
venir notre alliée. Boycotter ceux qui foulent aux
pieds nos dignités sera une priorité. Bloquer leurs
intérêts pour protéger les nôtres est un moyen
d’action imparable.
Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons
agir efficacement pour contraindre les sociétés ou
organismes commerciaux dénués de tout sens
moral. Il faudra ne pas hésiter à nous unir contre
tout abus financier ainsi que contre toute atteinte
au respect des employés ou des clients. Une chaîne
de distribution qui pratique la maltraitance, un
établissement qui vend de la marchandise frelatée,
une société de services qui profite de l’urgence du
besoin pour flouer ses usagers ne doivent pas rester
impunis. Si la loi, comme c’est fréquent, manque
à ses devoirs, c’est à nous de pénaliser les
profits de ces exploiteurs. Le D.A.R.D. peut devenir
une arme formidable pour contraindre les plus
puissants. L’exposition publique de ses membres
sur le site leur permettra de se contacter pour
agir ensemble. C’est là la première application effective
de notre multitude. La deuxième est essentiellement
politique.
Si notre rassemblement arrive à fédérer suffisamment
de monde, nous deviendrons aussi une
force qui pourra peser concrètement sur les déci143
sions gouvernementales. Comme je l’ai signalé
dans l’avertissement, chacun est encouragé à
proposer, suggérer, inventer des idées nouvelles
pour un meilleur fonctionnement de notre société.
J’ai exposé seul le bilan, mais c’est à nous tous de
créer la méthode.
Dès l’ouverture du site, il vous sera possible d’y
déposer des idées pour le mieux-être de chacun.
Ces suggestions seront triées et synthétisées.
Celles qui paraîtront les plus conformes à notre
combat seront ensuite examinées par des spécialistes
en économie et en droit pour déterminer si
leur application est réellement et légalement envisageable.
Puis elles seront rédigées. Enfin, elles
seront inscrites sur un « livre de promesses ».
Ce livre sera remis, avant les élections, aux politiques
auxquels nous demanderons de s’engager,
eux aussi sur l’honneur, à rendre effective
l’application de nos propositions. Notre moyen de
pression sera alors le nombre de bulletins de vote
que nous leur promettrons en contrepartie de leur
engagement. Je reviendrai dans un prochain chapitre
sur le fonctionnement détaillé de cet échange
civique.
Le D.A.R.D. est un rassemblement ouvert à
tous, quelle que soit l’appartenance sociale, eth144
nique ou religieuse. Une exception, cependant : il
est interdit aux personnes exerçant une responsabilité
d’élu du peuple. Comme aucun membre
ne peut se présenter à un scrutin, j’ai décidé cette
mesure radicale pour éviter des amalgames
fâcheux. Il serait trop aléatoire que, représentant
à la fois le D.A.R.D. et un parti politique, quelqu’un
puisse mener une campagne en parfaite
indépendance d’esprit. Il serait surtout dommageable
de n’user de l’appartenance à notre rassemblement
que dans le but de rallier quelques
voix de plus. Rien n’empêche, toutefois, des élus
convaincus du bien-fondé de notre mission d’en
appliquer les principes sans s’en réclamer officiellement.
Il n’y a aucune limite d’âge pour adhérer. Le bon
sens exclut, bien entendu, d’un engagement les
enfants, dont l’innocence fait qu’ils n’en prendraient
pas la pleine mesure. Quant aux adolescents,
ils sont les bienvenus, même s’ils ne peuvent
pas participer à la partie « pression électorale
» du mouvement, n’étant pas légalement autorisés
à voter. L’application de la prise de conscience
et de la mission de comportement sera la
part unique de leur engagement.
Au terme de ces explications détaillées, on peut
dire que le fonctionnement du D.A.R.D. se résume
en une phrase : une association à but non lucratif
sans cotisation ni carte, dont les membres
n’engagent que leur conscience.
Le projet est insolite et nouveau. Complètement
irréaliste, diront certains. Sur ses objectifs à atteindre,
peut-être, mais sur son existence sûrement
pas. Le D.A.R.D. est là et bien là. Et il va
s’inscrire dans le temps. Car même si nous ne
sommes que peu, et que par voie de conséquence
sa mission de pression s’avère infime, voire nulle,
son essence première subsistera : le devoir de
conscience de ses membres de s’améliorer pour
défendre le droit et la dignité de chacun. Ça, c’est
la réalité au minimum. Le temps et la force de
conviction que vous et moi déploierons nous mèneront,
qui sait, au maximum.
Une chose est certaine : la guêpe est véritablement
l’emblème le plus représentatif de notre
combat.
Seule, on peut l’écraser aisément.
Si elle se présente en essaim, sa force devient
redoutable.

COMMENT DEVRAIT SE COMPORTER
UN MEMBRE DU D.A.R.D. ?
J’ai écrit « devrait », je n’ai pas écrit « doit ».
Parce que rien de ce qui va suivre n’est une obligation.
Ce sont juste des suggestions, des encouragements.
Chaque personnalité a des recoins multiples.
Ce que certains feront avec aisance, d’autres
auront à s’y contraindre, parfois avec une grande
difficulté. Depuis le début je parle de nous améliorer,
à un point tel que certains doivent être agacés
que je les fustige autant. Mais la satisfaction de soi
est un de nos pires ennemis. Ce qui alimente
l’insuffisance générale est justement le fait d’être
persuadés que ce que nous sommes et ce que nous
faisons est suffisant.
La perfection n’est pas de ce monde. En conséquence,
celui qui s’estime irréprochable n’a rien à
faire dans notre rassemblement. Pour les autres,
ce que les psys appellent « le travail sur soi » est
la base de notre effort. À cette différence près
que la psychanalyse agit pour tenter d’éteindre
des feux intérieurs. Là, il s’agit d’en allumer
d’autres. Pas des feux qui brûlent, plutôt des feux
qui éclairent. Mais soyons concrets : « S’efforcer
de défendre le droit au respect et à la dignité »,
qui est la base de notre engagement sur
l’honneur, ça veut dire quoi exactement ?
Premièrement, cela signifie se respecter et être
digne de soi-même. C’est tout faire pour éviter de
se complaire dans des situations avilissantes. Il est
essentiel de trouver la force de secouer les jougs
qui nous oppressent. Nous ne devons plus accepter
la tyrannie d’un conjoint, d’un chef ou d’un
groupe. Nous devons vaincre notre peur et notre
résignation dans tous les cas de brutalité physique
ou psychologique imposée (coups, viol, persécution,
manipulation). Comment ? Il y a des lois à cet
effet. Il ne faut pas hésiter à les faire appliquer. De
plus, si vous êtes membre du D.A.R.D., il y aura
toujours à portée de voix un ou plusieurs membres
frères qui vous soutiendront et vous protégeront
dans chacun de vos combats. Notre force
est là aussi.
Se respecter et être digne de soi-même, c’est
aussi tenter de nettoyer nos coins d’âme les plus
sales. C’est éliminer cette mauvaise conscience qui
nous empêche souvent de dormir et nous fait la
mine triste. Vous les croisez parfois, ces visages las
et torturés. La plupart du temps, ce ne sont pas
des éléments extérieurs, mais des culpabilités in148
ternes qui sont responsables de ce délabrement de
façade. La rancune, la vengeance, la jalousie sont
autant de griffes qui nous tracent des sillons sur la
peau, nous noircissent le regard, et nous font, pour
finir, des têtes d’enterrement. Le nôtre, avant
l’heure.
On devrait écrire sur les berceaux « haïr tue »,
comme on écrit « fumer tue » sur les paquets de
cigarettes. Ce n’est pas immédiat, certains y
échappent, mais la haine fait plus de mal à ceux
qui en abusent, qu’à ceux auxquels ils la soufflent
en pleine figure.
Haïr tue, et pardonner aide à survivre !
La vengeance détruit surtout ceux qui la nourrissent.
La pratique du pardon est essentielle à
l’amélioration personnelle. Pas dans des blessures
extrêmes, c’est surhumain et seuls les croyants
les plus appliqués parviennent à cet oubli d’euxmêmes.
Mais il y a tant de rancunes bénignes, de
petites fâcheries familiales, qui ne méritent pas
cet entêtement lancinant et stérile.
Qu’y a-t-il de plus stupide que de poursuivre un
automobiliste qui vient de vous faire une queue de
poisson ? Peut-être faire à son tour une queue de
poisson ! La faire traduit un manque de respect de
l’autre, déclencher la poursuite est un manque de
respect de soi. Les deux attitudes sont aussi préjudiciables
l’une que l’autre. C’est un détail tellement
infime de la vie courante, mais, dans une
journée, les détails comme celui-ci s’additionnent
et le résultat est navrant. Et notre vie hoquette
de petites tracasseries subies en minivengeances
mesquines. Et pourtant, les jours nous sont comptés.
Je ne connais pas un seul vieillard qui ne se
dise : « Qu’est-ce que j’ai pu perdre comme temps
à m’attarder à des choses qui n’en valaient pas la
peine ! ». Alors, ne nous attardons pas ! Soyons
économes de nos mauvais réflexes, autant pour
nous que pour les autres.
Le respect de ces autres, c’est, après celui de
nous-mêmes, la deuxième étape de notre devoir
de comportement. Il est urgent de prêter beaucoup
plus attention à ces autres. N’en déplaise à
Sartre, ils ne sont pas l’enfer. Ni le paradis. Ils sont
comme nous : mi-anges, mi-démons, selon les circonstances
et en aucun cas définitivement. Quelles
que soient leurs erreurs passées, leur réputation,
les « on dit », il faut que notre approche des
autres soit indulgente. La rédemption existe. La
confiance de prime abord doit toujours prendre le
pas sur la défiance.
Dans cette même ligne d’approche première,
mais généralisée, il faut absolument nous débarrasser
de nos a priori. J’ai abordé largement
l’inutilité de nos racismes dans un chapitre précédent.
Je n’en reparle que pour enfoncer le clou.
Chaque membre du D.A.R.D. ne devrait en aucun
cas s’arrêter à l’apparence première. Une fille trop
maquillée en jupe ultracourte n’est pas obligatoirement
une putain. Un riche n’est pas forcément
méchant. Un pauvre n’est pas toujours gentil. Les
salauds, pas plus que les héros, ne se distinguent
au premier coup d’oeil. Il n’y a que la discussion, le
contact et la curiosité qui peuvent nous fabriquer
un jugement définitif.
Le respect des autres, c’est aussi apaiser notre
langage. Réduire au maximum nos emportements,
nos insultes. C’est aussi chercher dans chaque
conversation à comprendre l’autre plutôt que de
le contraindre. C’est apprendre surtout à écouter
plus qu’à entendre. C’est faire l’effort de
s’intéresser à des confidences qui ne nous
concernent pas a priori. Combien de fois par jour,
dans les conversations courantes, n’écoutonsnous
que nous-mêmes ? Faites le compte, vous
verrez ! Tiens, juste un test : rien qu’aujourd’hui,
vous avez certainement conversé beaucoup, mais
que vous reste-t-il vraiment de ce que vous ont
confié les autres ? Alors ? Pas grand-chose, sinon
rien. Efforçons-nous donc, puisque telle est notre
devise.
Ce plus d’attention aux propos des autres est la
« mission d’écoute » des membres du D.A.R.D. Elle
précède la « mission de secours ». Celle-ci est certainement
la plus contraignante. Elle vient au bout
du travail sur soi parce qu’il faut être animé d’une
conviction et d’un altruisme sans faille pour la mener
à bien. En voici ses applications souhaitables :
Rendez-vous disponibles pour passer du temps
avec ceux qui sont en détresse.
Donnez un coup de main, dix coups de main.
Dépannez, aidez, accompagnez, encouragez.
Assistez des malades.
Tenez compagnie à des vieux.
Gardez des enfants.
Soutenez les familles en deuil.
Offrez votre table.

Faites profiter de vos plaisirs.
Prêtez ce qui ne vous sert pas vraiment.
Donnez ce qui ne vous sert plus à rien.
Soyez solidaires en tout. Vous l’êtes déjà ?
Alors, soyez-le bien plus. Et même avant qu’on
vous sollicite. N’hésitez pas à rendre le service
qu’on n’ose pas vous demander. Tentez de deviner
et de devancer les attentes.
En résumé : faites le premier pas !
Et puis pensez à sourire, à tout hasard. Qui sait
si ce n’est pas seulement ça dont l’autre a besoin
? Juste la sensation d’exister.
Et surtout n’oubliez jamais : partager les joies,
ça les augmente, partager les peines, ça les diminue
!
C’est tout ça, la mission de secours du D.A.R.D.
Je pourrais même écrire : ce n’est que ça, tant cela
paraît facile. Hélas, si vous regardez bien autour
de vous, cette sollicitude est bien moins présente
qu’on ne peut le supposer. C’est pour cela que
cette mission est indispensable.

Au bout de cet appel à l’altruisme, il y aura
sans doute plus de moues dubitatives que
d’enthousiasmes. Je sais parfaitement que
l’angélisme sera le principal reproche fait à ce
manifeste. Nous sommes cernés de tricheurs, voleurs,
menteurs, exploiteurs, profiteurs et donc,
à proportion au moins égale, de floués, volés,
trahis et exploités. Chacun de nous a au moins
une fois appartenu à ces catégories. Il nous est
même sûrement arrivé de passer allègrement de
l’une à l’autre. Pourquoi voulez-vous que cet ordre
établi se bouleverse ? Mais si chaque membre
du D.A.R.D. s’applique à ce qui lui est suggéré,
cela fera naître quelques rayons de soleil dans la
grisaille ambiante. On peut rêver ! On est là pour
ça.
Pour ce qui est de mon rêve personnel, il est de
convaincre suffisamment chaque individu qui me
lit ici, afin qu’à son tour, il puisse en convaincre
d’autres. C’est là une autre mission capitale : mobiliser.
Le prosélytisme a toujours eu une connotation
péjorative. Sa définition dans le dictionnaire
est celle-ci : « Zèle ardent pour recruter des adeptes,
pour tenter d’imposer des idées. » Pour moi,
cela n’a rien d’infamant et cela me convient parfaitement.
Comme je l’ai déjà beaucoup souligné,
le nombre sera notre force. Ce nombre se consti154
tuera en priorité si chacun des membres travaille
chaque jour à persuader quiconque espérant un
réel changement de société, que le D.A.R.D. est
une voie nouvelle.
Ce manifeste, après sa sortie en librairie, sera
aussi disponible gratuitement sur Internet. Faitesle
savoir. Mettez-le à la disposition de ceux qui
doutent, pour qu’au moins ils connaissent parfaitement
les tenants et les aboutissants de cette
initiative. Et puis, parlez, expliquez, démontrez.
Chaque adhésion nouvelle sera votre victoire, votre
goutte d’eau qui fera peut-être déborder le
vase. C’est principalement cette assiduité à faire
adhérer de nouveaux membres qui construira la
force du rassemblement.
De mon côté, je ferai tout pour intéresser les
médias. Mais je connais bien leur frilosité, voire
leur animosité systématique envers tout ce qui
pourrait bouleverser un ordre dont ils sont souvent
les premiers bénéficiaires. Il vaut mieux, en
priorité ne compter que sur nous. Lors des quelques
passages dans les médias que le lancement
de l’idée du D.A.R.D. m’a permis d’effectuer, j’ai
pu mesurer la difficulté de la tâche. Je me souviens,
en particulier d’un face-à-face avec un des
analystes politiques les plus réputés. Monsieur
Aphatie m’a tout de suite objecté, sans même savoir
la teneur exacte de mon projet, que la politique,
ce n’était pas ça. C’est quoi alors, si ce n’est
pas s’inquiéter que le pouvoir confié par le peuple
ne s’exerce que pour le bien-être de ce peuple ?
Il est donc incontournable que mon statut de
saltimbanque m’ouvrira des portes, mais m’en
fermera autant. Je fréquente suffisamment cet
univers médiatique pour en connaître toutes les
compromissions et les suffisances. J’en connais
aussi les détournements. Il faudra beaucoup de
temps et de persévérance, de « contreinterviews
» et de droits de réponse, ne serait-ce
que pour exprimer la teneur réelle de mon engagement.
C’est pourquoi il est essentiel que ce soit vous
d’abord qui propagiez le concept. De repas de famille
en conversations de voisinage. D’explications
individuelles en exposés publics. Je vous invite
aussi, comme j’y ai déjà appelé plus haut, à profiter
du moindre espace de presse, de radio, ou de
télévision, si vous avez l’opportunité de travailler
dans ces domaines, pour faire passer le message.
Pour boucler définitivement ce chapitre
concernant ce que « devrait » faire un membre
du D.A.R.D., il me reste à évoquer les
« propositions » qui seront le fondement du chapitre
suivant : « Comment faire pression sur les
politiques ? » Le site mis à votre disposition,
vous permettra, comme je l’ai souligné précédemment,
de soumettre des idées, des suggestions
concrètes pour améliorer, à travers des décisions
politiques la vie de chacun de nous.
Un des sports préféré des Français est le « y a
qu’à ! ». Je vous propose de vous y adonner en
toute liberté. En sachant que dans le cadre de
notre rassemblement, ce « y a qu’à », d’habitude
stérile, peut accoucher de mesures concrètes.
N’hésitez pas à soumettre, à proposer. Soyez
cependant mesurés. Ne saturez pas le site avec
des exposés interminables ou totalement utopiques.
Nous devrons faire un tri, synthétiser, analyser
avant de rédiger des demandes précises et
réalisables à ceux qui ont choisi de nous gouverner.
J’ai confiance en votre mesure. J’ai aussi
confiance en votre créativité. Je suis certain que
c’est vous qui êtes les mieux qualifiés (parce que
premiers concernés), pour suggérer les décisions
les plus utiles à une politique qui se fabrique
souvent bien trop loin des réalités. L’analyse d’un
taulard sur les conditions pénitentiaires est cer157
tainement aussi pertinente que celle d’un magistrat.
Celle d’un malade hospitalisé sur les dépenses
de santé est tout aussi remplie de bon sens
que celle d’un professeur.
Que vous soyez jeune, vieux, riche, pauvre,
érudit ou inculte, vous pouvez apporter votre
pierre à l’édifice.
Le respect et la dignité ne peuvent souffrir
d’aucune exclusion catégorielle.
Je vous donne la parole.
N’en abusez pas, mais prenez-la.
Et, ensemble, nous ferons tout pour la transformer
en actes.

COMMENT FAIRE PRESSION
SUR LES POLITIQUES ?
J’ai évoqué un échange civique. C’est certainement
la part la plus audacieuse de notre action.
Elle impose un miniséisme dans les coutumes démocratiques
de notre pays. Mais il est question
d’ébranler un système, donc « séisme » est tout à
fait le mot adéquat. L’échéance de ce tremblement
est fixée à l’élection présidentielle de 2012.
Il va de soi que si nous n’arrivions à rien, faute
d’être suffisamment nombreux, ce ne serait que
partie remise pour l’élection suivante.
Le concept est simple. Il part du constat suivant
: dans le cadre du respect et de la dignité de
chacun, certaines lois manquent, d’autres sont
inadaptées ou en trop. Il faut contraindre le président
élu à remédier à ce déséquilibre. Nous allons
donc échanger le nombre potentiel de nos bulletins
de vote contre l’engagement des candidats à,
soit légiférer, soit abroger, soit amender sur la base
des propositions inscrites dans notre « livre de
promesses ».
Concrètement et chronologiquement : nous
avons deux ans à compter de la création du
D.A.R.D. pour collecter, via le site, des suggestions
de lois à appliquer, à supprimer, ou à amender.
Une fois triées, ces suggestions seront présentées
à des économistes et des juristes qui
nous feront part de leurs réserves ou de leur approbation.
Leur tâche sera de nous indiquer le réalisme
de leur application. Il n’est pas question de
proposer des mesures inapplicables, soit pour des
impossibilités pratiques soit pour des impossibilités
légales. Une fois établie leur faisabilité, ces
propositions rédigées seront inscrites dans ce que
nous nommerons un « livre de promesses ».
Ce livre de promesses sera le document officiel
de notre échange civique. Il comprendra un nombre
de propositions indéfinissable pour l’instant
(nous ne pouvons présumer de l’étendue de votre
imagination, pas plus que des réserves des économistes
et des juristes). Ce livre ne sera pas présenté
au premier tour de l’élection présidentielle,
mais seulement au second. Pour deux raisons :
l’une, pour éviter que des candidats, certains de
ne pas être au deuxième tour, ne s’en servent que
pour récolter des voix. Les présidentiables qui
nous intéressent sont les deux qui sont réellement
susceptibles de gouverner et donc d’appliquer les
mesures suggérées.

L’autre raison est de permettre à chacun
d’exprimer démocratiquement sa sensibilité politique
au premier tour. Cela concerne aussi ceux qui
choisissent le bulletin blanc. Ils auront l’occasion,
enfin, au premier tour, de marquer leur désintéressement,
en conservant l’occasion de donner
réellement au second tour un pouvoir à leur désaccord.
Cette absence de l’influence du D.A.R.D. au
premier tour nous donnera également un atout non
négligeable : celui d’avancer masqués.
Personne ne pourra déterminer exactement le
nombre des bulletins susceptible de peser dans la
balance au moment de l’échange civique. Ce
« bluff » sera peut-être un atout supplémentaire.
Mais que sera-t-il concrètement, cet échange ?
À l’issue du premier tour, et ce, quels que
soient les deux candidats restants, j’irai présenter
le livre de promesses à chacun d’entre eux. Le
marché alors sera simple : celui qui s’engagera, sur
l’honneur et par écrit, à faire appliquer dans les
deux ans le plus de propositions aura nos voix.
Il pourra alors y avoir trois cas de figure.
Premièrement : une escalade « d’enchères », au
bout desquelles celui qui se sera engagé sur le
maximum de promesses emportera nos votes.
Deuxièmement : l’engagement des deux à appliquer
l’intégralité des propositions. Et dans ce caslà,
vous voterez alors pour qui bon vous semble,
puisque notre victoire sera d’ores et déjà acquise.
Enfin troisièmement, et là ce serait le pire :
qu’aucun des deux ne daigne signer ce livre de
promesses. Ce dernier cas aurait une signification
criante et surtout dangereuse. Cela impliquerait
que les deux présidentiables se moquent éperdument
de la dignité du peuple et de son désir d’être
respecté. Je laisserai à chacun le droit d’en tirer
les conclusions qui s’imposeront. Mais s’il advenait
que ce refus déclenche une colère incontrôlable,
les deux prétendants en seraient à égalité totalement
responsables. Nul doute que les membres du
D.A.R.D. seraient les premiers à exprimer cette
colère que je comprendrais quelle que soit la forme
qu’elle prenne, et quelque excès qu’elle entraîne.
Mais pour en arriver à ces excès, il faudrait que
les deux candidats restants, tous deux dépourvus
de sens moral, se soient arrangés entre eux aux
dépens mêmes de leurs électeurs de base. Cette
complicité de bandits justifierait un sursaut énergique
de la population, dont, encore une fois, les
deux présidentiables seraient totalement coupables.
Mais, même si je l’évoque par précaution, je
n’ose imaginer une telle dérive irresponsable, et je
préfère envisager seulement un des deux premiers
cas de figure.
Le contre-argument à l’efficacité de cet échange
saute aux yeux : et si, après avoir signé, l’élu
suprême ne respecte pas son engagement ? La
question est inévitable. Voici la réponse : le livre
de promesses sera rédigé de telle manière qu’il
débutera par : « Je soussigné… m’engage sur
l’honneur à faire appliquer dans les deux ans les
propositions qui suivent. » Il se terminera par « Si
je ne tenais pas mon engagement, je ne serais
plus digne d’exercer ma fonction. » Une fin, à
première vue inacceptable, voire anticonstitutionnelle,
mais « l’engagement sur l’honneur » du début,
s’il est tenu, enlève toute raison d’exister au
renoncement de cette fin.
Autrement dit, s’engager ainsi, et ne pas respecter
cet engagement ferait du signataire un
être sans parole, sans honneur et sans conscience.
Et pourrions-nous accepter sans broncher que les
destinées du pays soient entre les mains d’un tel
individu ? Ceux qui auraient mis leurs votes dans
la balance auraient alors toute légitimité à
s’organiser pour exercer au maximum les pressions
possibles afin de contraindre ce personnage
malhonnête et indigne à quitter ses fonctions de
lui-même.
Cet échange civique, une folle utopie ? Pas sûr.
Encore une fois, cela dépendra du nombre et de la
volonté de chacun d’offrir son vote pour qu’enfin
les mesures d’urgence soient appliquées. Quelle
que soit la sensibilité politique de celui qui acceptera
notre échange, il faudra lui donner nos voix.
Son bord n’importe pas. Et qu’il soit élu sera notre
victoire plus que la sienne. L’évidence est telle
qu’elle mérite d’être écrite en majuscules :
NOUS NE DEVONS PLUS VOTER POUR QUELQU’UN,
NOUS DEVONS VOTER POUR NOUS
L’urgence veut qu’on ne s’embarrasse plus de
guéguerres idéologiques d’un autre temps. Les
scrutins traditionnels ont fait leurs preuves, hélas.
L’être humain est toujours le grand perdant des
urnes. Inventons autre chose. Vite ! Et pour
conclure avec un raisonnement par l’absurde :
connaissez-vous aujourd’hui un moyen plus efficace
que celui-là (hors la violence), pour contraindre
nos élus, sachant le peu de cas qu’ils ont fait jus164
qu’à présent de nos désirs réels ? Moi, je n’ai rien
trouvé d’autre !
Voilà, exposées clairement, toutes les composantes
de notre échange civique. Reste la teneur
des propositions du livre de promesses. Elles seront
toutes dans la stricte ligne du droit au respect
et à la dignité. En attendant les suggestions
des membres, certaines, déjà exposées tout au
long de ce manifeste, sont fortement pressenties :
la création d’un ministère des urgences chargé de
réguler l’accès à la nourriture et au toit pour tous,
la création d’une vaste cellule anticorruption,
l’abaissement des charges, la diminution drastique
des frais de fonctionnement des ministères,
l’augmentation du budget de la justice, etc.
Tout cela paraît bien lointain et quasi inimaginable.
Mais 2012, c’est demain et qui peut dire, sans
l’ombre d’un doute, l’impact réel qu’aura ce manifeste
? Qui peut évaluer aujourd’hui avec certitude
le nombre de membres que comptera le
D.A.R.D. dans deux ans ? Qui peut préjuger de la
solidité du rassemblement et de la volonté de ses
membres de bousculer le système établi ? Personne,
pas même moi. Mais il y a une chose dont je
suis absolument convaincu : si notre nombre est
conséquent, et si notre conviction est intraitable,
les politiques seront obligés de se plier à notre
échange civique.
Ça vous fait peur, vous, une société plus juste
et plus harmonieuse ? Une société certes toujours
inégalitaire, mais débarrassée d’une partie de ses
abus de pouvoir ? Une société dont le cadre est
réellement dessiné par le peuple ? Moi pas !
Les observateurs médiatico-politiques doivent
me prendre pour un doux rêveur voire beaucoup
plus sûrement pour un idéaliste cinglé. Qu’ils
continuent ! Une attaque est toujours plus efficace
quand l’ennemi n’est pas sur ses gardes. Qu’ils
continuent aussi à célébrer les acteurs du système
actuel ! Qu’ils les abreuvent de condescendance et
les aveuglent de flashs ! Ça leur évitera de nous
voir venir.
Cette lumière artificielle n’est pas pour nous.
Nous sommes juste la part de l’ombre.
Et c’est dans cette ombre que nous allons fabriquer
notre essaim.
– C’est quoi ce bourdonnement ?
– Une révolution ?

– Non, sire, une révolte !

CONCLUSION
La création effective du D.A.R.D. correspondra,
à quelques jours près, à la publication de ce manifeste.
Serons-nous une poignée ? Serons-nous des
milliers ? L’avenir le dira. Dans les deux cas, ce
document sera la référence officielle de tous les
adhérents. N’hésitez pas à le consulter chaque
fois qu’il vous semblera que votre conviction faiblit.
Si le nombre venait à dépasser mes espérances,
il est certain que j’adapterais les statuts premiers
pour permettre une organisation plus structurée
du rassemblement. Il n’est pas exclu qu’en cas
d’adhésions vraiment conséquentes, outre le fait
de m’entourer d’un collège d’amis proches susceptibles
de me seconder, je vous incite à désigner
des représentants locaux qui seraient le relais
entre le siège et vous. Mais nous n’en sommes pas
là. N’envisageons pour l’instant que ce mouvement
de conscience informel, et contentons-nous
du frisson de plonger dans l’inconnu.
Pour en revenir à ce document, il est, comme je
l’ai précisé au début, certainement parsemé de
multiples imperfections, complexités, ou omissions.
Au contraire des hommes
politiques et de leur infaillibilité de façade, je ne
prétends pas avoir réponse à tout. Mais, même si
j’avoue mes carences en économie, droit, ou organisation
administrative, je suis certain de ma
compétence en rapports humains.
Contrairement à ce que peut laisser croire son
expression d’un autre temps, le « bon sens » est
une des valeurs les plus modernes. C’est à partir
de ce bon sens qu’il est essentiel de tout rebâtir.
Ce sera aussi l’occasion de reconquérir nos libertés.
Autant celles dont nous nous privons en aliénant
notre quotidien aux contraintes de la modernité
obligatoire, que celles que l’État nous a volées,
en nous imposant sa volonté au lieu de se
plier à la nôtre.
Au premier jour de votre adhésion vous devrez
entamer votre amélioration personnelle. Mais sans
précipitation. Contraindre sa personnalité, même
si une réelle volonté est acquise, ne se fait pas du
jour au lendemain. Le seul vrai conseil que je peux
vous donner, pour réussir au plus vite, est de
vous armer de ce que j’appelle « un sourire intérieur
». C’est une sensation facile à provoquer.
Elle consiste à se sentir réellement sourire sans
même que le visage traduise cette sérénité. Il suffit
d’imaginer « virtuellement » tous les autres
membres du D.A.R.D. marchant à vos côtés. Une
image paradoxalement virtuelle et réelle à la fois,
parce qu’à partir du moment de votre adhésion,
vous pourrez vous sentir protégés, vous ne serez
plus jamais seuls. Et peut-être même que ce sourire
intérieur sera augmenté d’une motivation
supplémentaire : celle d’avoir donné un nouveau
sens à votre vie.
Voilà ! Je vous ai tout dit.
La suite vous appartient.
Et même si vous ne cautionnez pas l’ensemble
de mes propos, même si vous ne souhaitez pas
adhérer au D.A.R.D., efforcez-vous quand même
de vous battre pour le droit au respect et à la dignité
de chacun. Et qui sait ? Au moment de
l’échange civique, même si vous ne faites pas partie
du rassemblement, peut-être ajouterez-vous
vos voix aux nôtres pour peser sur le choix du
candidat le plus apte à considérer l’être humain
comme une priorité de sa politique.
Toute action humaniste, initiée ou non par le
D.A.R.D., sera, de toute façon, une victoire pour
nous tous. Mais si vous choisissez, parce que vous
y croyez, de me rejoindre officiellement dans ce
combat, soyez bien conscients qu’il faut une ar170
mée, et que c’est à vous de la lever. Dans ce document,
j’ai tenté de vous convaincre dans le seul
but de vous permettre d’être convaincants à votre
tour. Le D.A.R.D., c’est aussi votre application
à mobiliser : l’efficacité de nos boycotts et la force
de nos bulletins de vote ne s’imposeront que
par la multitude.
Alors, multipliez-vous !
Introduction. Développement. Conclusion. Au
sortir de ce manifeste, j’ai la sensation d’avoir rédigé
une de ces dissertations d’école dont le sujet
aurait pu être : « Faut-il réussir dans la vie ou réussir
sa vie ? »… Ou aussi : « Le pouvoir confié
par le peuple appartient-il toujours au peuple
? »… Ou encore : « La masse est-elle une addition
ou une soustraction d’individus ? » Enfin,
un choix inépuisable de thèmes philosophiques sur
la place de l’être humain dans la société, sujets à
débats ou contradictions. Ces débats et ces
contradictions accompagneront certainement la
sortie de ce manifeste. Il y aura des critiques sévères,
des moqueries virulentes, des sarcasmes,
de l’indifférence. Il y aura aussi des enthousiasmes,
des soulagements, des révélations, des espérances.
Ce que je redoute le plus, c’est l’hésitation.

Alors, au moment de conclure, j’ai juste envie de
rajouter un sujet à la dissertation : « Dans une situation
d’exaspération, est-il urgent d’attendre ou
est-il urgent d’agir ? »
Ce manifeste vous a déjà donné la réponse.
Il faut agir.
Vite.
Alors, adhérez au D.A.R.D. !



Patrick Sébastien